Une visite pleine de surprises !

J’ai eu la chance de participer à une visite des serres du jardin botanique de Lyon, sur le thème des plantes ingénieuses.

La visite a été riche en anecdotes surprenantes autour des stratégies d’adaptation des plantes à leur milieu, je vous propose de vous partager ces découvertes.

Le cycas

Le cycas est un arbre incroyablement ancien. Il est aussi hermaphrodite. On en a retrouvé la trace il y a 280 millions d’années, avant l’apparition des dinosaures. Il a probablement servi de nourriture à ces derniers! On suppose que les dinosaures avalaient les fruits pour digérer leur chair, puis rejetaient les graines dans leurs excréments. Ce passage à travers leur système digestif aurait aidé non seulement à assurer la distribution des graines des cycas, mais aussi à  favoriser leur germination.

Aujourd’hui, il est encore présent. Vous pouvez en observer principalement en Australie, au japon, à Madagascar ou dans les îles du pacifique. Si le cœur vous en dit, vous pouvez même les cultiver en pot chez vous en les préservant du gel.

Le figuier étrangleur

Le figuier étrangleur tire son nom de son aptitude à étouffer d’autres arbres pour grandir et s’en nourrir.

Comme de nombreux arbres fruitiers, les figuiers se reproduisent grâce aux graines contenues dans leurs fruits, qui sont dispersées via les déjections des oiseaux ou des primates qui les mangent. Lorsque l’une des fientes atterrit sur la branche d’un arbre, celui-ci est condamné car démarre le processus de croissance du ficus étrangleur.

Il n’existe pas une seule espèce de figuier étrangleur mais plusieurs, le qualificatif « étrangleur » servant à nommer ce mode de croissance particulier plutôt qu’à désigner une famille d’arbres à part entière. Tous ou presque appartiennent à la famille des « Moracées » et la plupart du temps au genre « ficus », raison pour laquelle on parle aussi de « ficus étrangleur ».

Le monstera

Cette plante est bien connue des amateurs de plantes d’intérieur! On la retrouve ici en version gigantesque!

C’est une plante robuste, de grande taille, produisant abondamment des racines aériennes à l’aisselle des feuilles, de couleur brunâtre. Les premières feuilles sont petites et pleines, puis grossissent et se découpent progressivement en cours de croissance. Les feuilles sont grandes, cordiformes et pennées. Plus la plante vieillit plus les feuilles se parent de larges perforations ce qui lui a valu le nom de “plante-gruyère”.

Cette plante vit dans les forêts tropicales humides, en plaine et en moyenne montagne, dans l’extrême sud du Mexique et au Guatemala. Les graines tombent au sol, puis les plantules rampent jusqu’à ce qu’elles rencontrent un arbre sur lequel se fixer! Les nombreuses racines adjacentes permettent ainsi à la plante de s’ancrer contre son nouveau support et d’atteindre la lumière de la canopée (même si elle pousse rarement en plein soleil et préfère une lumière légèrement tamisée par le feuillage).

Le palétuvier

Un échassier!

Le palétuvier est le seul arbre qui peut pousser dans les conditions très difficiles de la mangrove :  le sol est relativement instable, mou et pauvre en oxygène, ce qui n’est donc pas favorable pour un ancrage et pour une alimentation riche en éléments nutritifs.

Il est capable de vivre dans des milieux totalement inondés grâce à ses racines en forme d’échasses. C’est aussi grâce à elles qu’il peut gagner du terrain sur la mer.

C’est un arbre fascinant par son mode d’adaptation à son milieu.

Le bananier

Les bananiers ne sont pas des arbres!

Ce sont des plantes herbacées, c’est-à-dire qu’elles ne possèdent pas de tronc mais un stipe. Ce stipe est en fait le prolongement des nouvelles et anciennes feuilles qui s’imbriquent entre elles jusqu’à la base du bananier. C’est pour cela qu’il est très facile de faire bouger un bananier en le poussant, car son stipe spongieux est dépourvu de lignine (matière dure du bois).